Rechercher dans la boutique :
Accueil
 
Emmaüs International, Orange et les Ateliers du Bocage : Ménage à trois dans les réseaux téléphoniques
Paru dans ACTING FUTURE - Libération - Lundi 29 Novembre 2010 - Voies pour le monde - p.VII le 23/03/2011

Emmaüs International et Orange lancent, avec le concours des Ateliers du Bocage, des filières de traitement de déchets de téléphonie dans une dizaine de pays africains. Un modèle d’économie circulaire et vertueuse fondée sur l’innovation sociale, auquel collaborent privé et associatif.

« Pour construire l’avenir, il faudra faciliter l’accès de tous à l’innovation et aux besoins vitaux, associer la technologie et le politique en remettant l’homme au centre de toute action. » CLARA GAYMARD, présidente de General Electric France.

Au début, il y a Les Ateliers du Bocage, entreprise d’économie sociale spécialisée dans le tri et la dépollution des déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) : 210 employés dont une cinquantaine en contrats aidés (insertion, réinsertion, handicap...), 9 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel pour une activité répartie sur quatre sites, dans les Deux-Sèvres et en région parisienne. Les Ateliers du Bocage ont, depuis 2008, un partenariat avec Orange France pour le traitement d’appareils de téléphonie mobile usagés récupérés sur les points Emmaüs. Orange affectait les bénéfices de cette activité à des œuvres caritatives. Sur proposition des Ateliers du Bocage, l’opérateur a accepté depuis de soutenir un programme de collecte, de démantèlement et de gestion écologique des DEEE en Afrique. Pour cela, un partenariat avec Emmaüs International a été mis en place.

Le pilote burkinabé

Le partenariat, lancé en 2009 au Burkina Faso, entre Orange et Emmaüs International, est prévu pour cinq ans. Trois salariés sillonnent la capitale le dimanche, à bord de motos équipées de bacs de collectes. Les revendeurs leur donnent les déchets récupérés auprès de leur clientèle. Une fois pesés, ces déchets sont « payés » sous forme de batteries de téléphone fournies par Orange : en effet, les sautes d’électricité fréquentes détériorent rapidement les batteries. De la sorte, les revendeurs de téléphonie offrent un vrai service après-vente à leurs clients.

Les déchets sont ensuite confiés à trois autres salariés qui trient les téléphones, isolent les batteries, les piles, les condensateurs, stockent les diverses parties... 1,2 tonne est ainsi récupérée chaque mois. Ces éléments partent ensuite vers la France où Les Ateliers du Bocage les traitent. Ne reste sur place que ce qui peut être absorbé par des filières existantes : coques en plastique ou ferraille, etc.

Un modèle qui essaime

Emmaüs International s’emploie aussi à mettre en place une activité de boutique qui revendra des appareils « deuxième main » restaurés par Les Ateliers du Bocage. Car l’activité de collecte ne dégage que peu de chiffre d’affaires. Le commerce de la boutique permettra l’équilibre, envisagé au terme du deuxième exercice de chaque unité.

Le modèle va essaimer au Mali, au Togo, au Niger, à Madagascar, en Angola, etc. Jean Rousseau, président d’Emmaüs International, le dit simplement : « Même si on ne poursuit pas les mêmes buts, l’entreprise, sans perdre ses objectifs de rentabilité, n’est pas condamnée à mourir idiote. Elle peut s’intéresser à la solidarité internationale. C’est aussi une occasion pour nous d’approfondir la connaissance d’une entreprise qui peut avoir des impacts en matière de lutte contre la pauvreté. »

FICHE TECHNIQUE

Partenaires : Emmaüs International, Orange.

Prestataires : Les Ateliers du Bocage (prise en charge des opérations en Afrique) ; Pricewater¬houseCoopers (études, suivi, évaluation sociale, juridique, etc.)

Objectif : ouvrir des filières de recyclage et de dépollution de produits de téléphonie mobile dans une dizaine de pays africains, sur une durée de 5 ans, de 2009 à 2014, à raison d’une unité de traitement de 5 à 7 personnes salariées par pays.

Investissement : 80 000 à 100 000 € pour la création de chaque unité, financés par Orange. Frais de fonctionnement : environ 50 000 € par an.

Équilibre : chaque unité est censée connaître l’équilibre au bout de deux exercices. Si ce n’était pas le cas, Orange compenserait financièrement.

Pourquoi avoir choisi l’éducation ? La réussite des jeunes générations est un enjeu de société, mais aussi un levier de performance économique essentiel. En France, la problématique de l’échec, voire du décrochage scolaire (150 000 jeunes sortent chaque année du système sans diplôme) est identifiée par l’État ; des initiatives sont entreprises, comme le travail sur les rythmes scolaires, l’ouverture des internats d’excellence, la mise en place du Fonds d’expérimentation pour la jeunesse... C’est donner la chance à des jeunes de milieux défavorisés de voir les choses autrement.

Article de Patrick Busquet - Acting Future - Libération - 29-11-2010

Contact | Crédits | Plan du Site